Voyage, voyage.




On ne disparaît pas facilement ici. C'est une de ces villes où les gens parlent beaucoup, où la population se place du côté de la loi. Vouloir s'y cacher relève d'un grand défi parce que la ville se fait soudain toute petite. Chaque personne que vous croiserez signalera votre présence... aura son cellulaire au bout des doigts. Mais les gens qui allaient me rechercher n'avaient rien à voir avec la police. Sauf si on compte que leurs ressources pouvaient représenter une vraie menace, ils s'agissait pour la plupart d'étrangers au monde de la rue et, surtout, de la loi. Pourtant, ils gardaient l'avantage du terrain, car cette métropole respire une odeur opportuniste. C'est le lieux des milles saveurs. Tous les enjeux du monde moderne s'y jouent, en ayant une chance de nouer votre destin par la première circonstance machiavélique. Ma ville restait à l'époque le refuge favoris, le décors de choix pour les groupes qui font leur métier d'une nouvelle terreur. Bien plus qu'ailleurs s'y côtoyaient secrètement ceux qui admettent l'injustice. Ces traqueurs dont je trace le portrait ont cet idéal d'immortalité qui menace de faire s'écrouler leur société bien avant qu'eux-mêmes ne soient inquiétés. Les proies, elles, vaquaient à des occupations qui sont soit anonymes, soit assez low profile. On les avaient pourtant identifiées sur le volet pour une raison bien précise. J'ai ressasser jusqu'au matin ce que j'avais d'informations; ce qui m'a permis de saisir l'ampleur du problème. Juste avant l'aube, en me mettant au lit, un plan B se dessinait tranquillement dans mon esprit. Je n'avais pas fermé l’œil de la nuit. Attablée à ma table de travail, dans le boudoir, je m'étais mis en tête de compiler toutes les options possibles. La recherche internet n'a pas donné de résultat tout de suite. Mais après avoir recouper les maigres indices que je détenais déjà, j'en suis arrivé à découvrir ce qu'il me fallait pour effectivement penser à m'éclipser. 

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