Le monde qui reste.

La Métrople respire une odeur internationale. C'est le lieu des milles saveurs. Ses habitants m'habitent autant qu'ils habitent la ville. Je vois ici tous les enjeux du monde moderne se nouer en desseins machiavéliques. Et quand je porte une attention particulière à l'allure que prennent les protagonistes de la cité, je constate aussi ce que plusieurs refusent d'admettre: Mon contemporain est individualiste, il admet l'injustice, et son idéal d'immortalité menace de faire s'écrouler sa 
société bien avant que lui-même ne soit inquiété. Chacuns vaguent aux occupations qui, dans les rues de la ville, sont soi anonymes soi secrètes. Et si les barrières imaginaires du ghetto ou du centre voudraient immobiliser le plus grand nombre, les habitants que je regarde s'amusent de justifier leur présence, et occupent l'espace toutes les heures de 

tous les jours. Ainsi la rue est envahie par une multitude qu'il est difficile de décrire tellement elle semble éclatée. Pourtant ceux qui vivent ici se groupent et se regroupent pour mieux concrétiser un certain refus de rendre des comptes. Car ceux qui acceptent d'aller du point A au point B, sans jamais déambuler vers des occupations plus douteuses, ne voit de ma ville qu'un portrait sommaire et, quant à moi, en gardent une image bien peu romantique ni vraiment collée à la réalité.
Mais le bien commun, la sécurité, la paix civile... tiendront-ils lieu de justification encore longtemps? Alors que la réalité est déjà toute autre, ici et dans la plupart des grandes villes. Les lendemains de l'humanité ne peuvent être que la suite logique des temps contemporains, l'évolution n'est que la 
transformation du présent vers un futur où rien n'est créé que la confirmation des visions sociales nouvelles. Vouloir décider tactiquement ce que doivent être nos sociétés se compare à s'entêter à porter des habits trop petits. La Métropole est modelée selon un seul atout: Elle gagne à être incohérente; elle favorise ceux qui savent être opportunistes et coûte cher aux autres. C'est de plus en plus un endroit qui encourage le risque. Un lieu aux milles parfums dont on subit une odeur mélangée.

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