Alter ego.

Me reste un alter ego. L'homme... découvert l’année de mes vingt ans. Il n’est pas mon amant, je ne suis pas celle qui partage sa vie. Pourtant encore, quinze longues années d’amour plus tard, il tolère généreusement d’être pareille pour moi à une muse. C’est l’âme-sœur et l'ami que j’ai souhaité. Et sans arrêt je lui réécris notre histoire. Celle qui a été le moteur de notre aventure d’adolescents. Mais aussi, tous les détails du jamais dit. Si je suis terriblement exhaustive; il est ailleurs, sage et patient. Bien sûr, c’est parce que je ne puis être seule que je lui consacre autant de mots. Je vis sans lui aujourd'hui; à la fin de mon adolescence pourtant, avec lui je me décide pour une relation amicale. Plus tard, à l'âge où je suis une femme, c'est le souvenir de la sincérité de nos émotions qui a rassuré mon cœur. Cet homme m'a appris sur la vie le plus important, il a donné naissance aux sentiments qui encore, me donnent le goût de vivre. La confiance, le réconfort, grâce à celui que je devine naturellement. Mon seul refuge reste cependant de trouver les mots. Parce que j'ai souhaité entre nous une distance platonique, qui à vingt ans me paraissait tellement rassurante. Je l'ai rarement dit mais cette espace respectueux m'a permis d'entretenir un idéal. Nous avons été proche, si proche en présence l'un de l'autre, en nous adressant rarement la parole. Et chaque échange a compté, toutes les phrases ont été une source de connivence. Je lui laisse donc mon adolescence.




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