Trouver la force.

Il y a autant d'histoires de la rue qu'il y a de sans-abris. Ces hommes et ces femmes ont pourtant tous fait leur chemin. Une route parsemée d'embûches et d'une certaine malchance. Car ils ont adopté cette vie, bien souvent, parce que leurs ressources manquaient pour faire autrement. Les problématiques sont multiples, mais pour les habitants de la rue, il s'agit avant tout de la vie qu'ils connaissent. Il y a milles histoires à raconter, autant qu'il y a de gens qui vivent dehors. Et de cet observatoire particulier, ils regardent le monde et le monde les regarde. La plupart des gens auront toujours un toit et ne manqueront jamais ni de nourriture ni de savon. Les travailleurs de la Métropole croisent régulièrement dans les rues ces gens qui eux savent ce que c'est que de manquer de tout. On peut s'imaginer la misère, la regarder et se dire la souffrance. Tout n'est pas rose, c'est vrai. Le reste, la plupart du temps, a beaucoup à voir avec les préjugés. Puisque bien sûr, ces gens qui donnent ont une autre vie. Une vie rangée.



Une chose qui inquiète est l'omniprésence de l'alcoolisme et de la toxicomanie parmi ceux qui vivent dehors. Les gens qui passent et glissent – ou non – quelques sous ou quelques dollars, vivent encore une certaine ambivalence. La controverse concerne la manière dont l'argent gagné avec la quête est dépensée. Celui qui fait la charité croit savoir que son don servira à acheter de l'alcool ou de la drogue. On n'a pas toujours raison d'avoir ce genre de raisonnement, mais pas tord dans tous les cas non plus. Il y a bien des chemins qui mènent à la rue, milles façons différentes de s'en sortir. C'est un monde qui supporte rarement les généralités. Et pour tout ceux qui y sont et qui consomment, il y a une chose que je crois importante de dire.



Ce n'est pas amené ici en facteur atténuant ou en excuse. Il s'agit pour quelques minutes de penser autrement, d'envisager une logique et une réalité étrangère. Il y a autant de parcours différents qui mènent à la rue, qu'il y a de gens qui s'y trouvent. Cet univers particulier déborde d'êtres humains au vécu riche et bien personnel. Une chose les unis pourtant, une chose qu'il est sensible de mettre en mot. Puisque cet aspect de la vie dehors est loin d'être banal : La vie des sans-abris est trop difficile. Je n'ai pas dit que c'était affreux tout le temps. Ce que je sais à propos de la vie dans la rue, c'est que pour y survivre, il faut en sortir. Parce que lorsqu'on y est, même les plus forts ont le moral qui chavire.



Entre autres, voici pourquoi il y a l'alcool et la drogue. C'est un moyen de survivre à sa journée, puisqu'il faut absolument pour les gens du dehors, trouver le moyen de vivre jusqu'à demain. Alors que la vie continue, la leur, celle qu'ils connaissent et qui leur appartient. Une vie difficile, dure, rude, qui supporte seulement qu'on l'envisage au jour le jour. Et qui dicte des moyens extrêmes comme l'alcoolisme ou la toxicomanie pour trouver la force de faire face au monde.



Il y a de ces questions entrelacées qu'il est impossible de départager. L'itinérance et la consommation sont de celles-là. Et le chemin des préjugés est comme toujours la route la plus facile, la moins impliquante. Il s'agit, au fond, de comprendre des gens ainsi que des situations très complexes. C'est en essayant de saisir toute la subtilité de cette vie difficile, dure, rude que les solutions feront surface. Une à une, au cas par cas. Puisqu'il y a milles expériences différentes de la rue.





Commentaires

Articles les plus consultés