Haute psychologie.

J'avais tout juste trois ans. Et déjà un peu insomniaque. Ma mère essayait de faire en sorte que je dorme. Je me tenais debout dans la bassinet et lui ai glissé une phrase de protestation. Une phrase complète, fabriquée par ma tendre enfance.




  • C'est mieux chez mon père.



Ma mère dans un élan impulsif, voulu que prenne fin dans l'œuf cette crise de l'enfant sur le divorce. Elle saisi la petite valise verte, une très jolie valise avec des fleurs dessus. Puis y a jeté au hasard quelques vêtements à moi.



  • Si c'est mieux chez ton père, voilà, tu iras et tu y resteras.



J'avais trois ans. Trop jeune pour répondre par autre chose que des pleurs. Trop jeune pour formuler une réflexion. Ma tendre enfance c'est déroulée comme ça. C'est-à-dire dans le malaise. J'ai été interloquée à chaque minute.



Trente ans plus tard, ma mère me rappelle cette anecdote avec fierté. Elle est la mère que j'ai eu. La psychologie enfantine n'est pas de son monde. Et je crois qu'elle tire même une certaine satisfaction d'avoir cloué le bec à un bébé de trois ans.

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