Je l'ai revu par hasard.






La journée avait été chargée. Toutes mes journées depuis trois semaines avaient été passablement folles. Le jour de la pleine lune j'avais signé pour mon nouvel appartement et, aussi, James Devlin me manquait. Car lorsqu'on était ensemble, les nuits de pleines lunes, c'était spécial. La veille de mon déménagement, la nouvelle lune planait au dessus de la ville. Je nourrissais depuis quelque temps un stress bienheureux, puisque bien des changements se dessinaient pour moi. Le cycle lunaire qui commençait me rendait confiante que les temps étaient idéals pour regarder de l'avant. Je me sentais en phase avec ma destiné. Qui n'augurait que pour le mieux.



J'avais pris une pause ; assise à la table du café. À la fin d'un après-midi agité. C'est un son qui m'a sorti de ma rêverie. Un cliquetis, que certaines chaussures font sur les planchers de tuiles. Des chaussures d'hommes... J'ai levé la tête, je l'ai observer traverser la pièce comme dans un slow motion. À ma hauteur nous nous sommes regardé droit dans les yeux, et dans un accord tacite, nous n'avons fait aucun geste vers l'autre. Je ne sais pas s'il y avait même le signe d'une salutation. Mais ni de lui, ni de moi, n'entretenait alors de mauvais sentiments. C'était même, je dirais, un instant très zen.



Il y a déjà un an et demi, nous étions encore proche. Depuis, nous nous sommes croisé deux fois, presque anonymement. Et nous allons je pense, nous revoir encore dans cette même ambiance. Sans nourrir de rancœur, en nous souriant peut-être, qui sait. Et en restant reconnaissant surtout, pour tout l'amour partagé. Dont le souvenir garde tout un côté réel.

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