Dame de Pique.

Zoé tombait de fatigue. L'homme étendu à côté d'elle et qui l'empêchait de dormir, avait joué de rhétorique pour qu'elle l'accepte dans son lit. Il n'avait pas demandé si elle était une femme libre. Ce qu'elle n'était pas, en théorie. Elle n'était pas mariée, ni vraiment fidèle. L'homme prenait sans doute pour acquis qu'elle était à la recherche d'une relation. Il tendait le bras vers son paquet de cigarettes quand la sonnerie de la porte a retenti. Il était passé trois heures, c'était le milieu de la nuit. Tout ça paraissait mal, puisque deux amants ne sont pas censé se croisé jamais. Zoé avait à peine conscience qu'elle souffrait pathologiquement de promiscuité. Il était incensé pour qui n'a jamais décompensé de considérer qu'une belle femme intelligente comme elle, gamblait sa vie pour trois-quatre aventures.


  • À chaque fois que je viens chez toi, il y a un homme différent qui dors dans ton lit.

  • Veux-tu un café?

  • Je t'emprunte l'internet, j'ai quelque chose à voir.
Zoé, tout à coup, a prit peur, en réalisant qu'il y avait chez elle deux hommes avec qui elle faisait régulièrement l'amour. C'était l'heure de son test de dépistage trimestriel. Tous les hommes qu'elle fréquentait se protégeaient au début. Après plusieurs semaines, ils laissaient tomber le condom. La responsable, c'était elle. Puisqu'eux ignoraient l'existence les uns des autres. Mais les amants de Zoé n'étaient pas des enfants de cœur, en général. Et elle voulait bien croire qu'il y aurait des conséquences sérieuses à la nouvelle d'une maladie.

Comme la malchance n'arrive jamais seule, Zoé décompensait sérieusement deux semaines plus tard. À la clinique de gynéco on avait offert de l'envoyer en psy. Mais il lui restait assez de son instinct de survie pour qu'elle refuse le traitement. Et Zoé s'enfonçait sérieusement lorsqu'elle prit conscience des résultats de ses tests. La loi l'obligeait à avertir ses partenaires. Et s'il avait fallu que ces hommes – qui étaient tour à tour membres de différentes mafias ou gangs – décident ensemble de lui donner sa leçon? La jeune femme subissait la pression de la folie tout en négligeant sa situation réelle. Elle avait rendez-vous à l'instant avec un des hommes qu'elle fréquentait. Il a commandé un café latté et elle un sandwich à la dinde. Les tempes de l'amoureuse battait son rythme cardiaque frénétiquement. Ses mains moites tremblaient. Elle portait le stress d'une extrême fatigue puisqu'il y avait quarante-huit heures qu'elle n'avait fermé l'œil.

  • Comment vas-tu décider de m'assassiner?

  • De quoi parles-tu?

  • Je sais ce que tu veux. C'est que je souffre beaucoup avant de mourir. Je voulais te dire que je te comprends. Je pourrais même te faire quelques suggestions. Camoufler mon meurtre en suicide, par exemple.

  • Je crois que tu ne vas pas bien. Qu'est-ce que je peux faire?

  • M'arracher les dents... oui. Mais pas les ongles, s'il-te-plaît.

  • Prends-tu tes médicaments en ce moment?

  • Je veux te dire que je vais résister. Car je crois qu'il y a certaines circonstances atténuantes à ma culpabilité. Puis je ne suis pas prête. Je suis si jeune encore.
L'homme l'a accompagnée ce jour-là à l'hopital. Sans qu'elle n'ai le bon sens de lui avoué la mauvaise nouvelle. Trois mois plus tard, Zoé déchirait encore les figures masculines des jeux de cartes. Presque catatonique, les médecins n'arrivaient pas à trouver le traitement qui lui permettrait de rentrer chez elle.

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