Un idéal, des idéaux.

Je crois pouvoir dire que durant mon enfance, c'est mon père qui a bénéficier le plus de mon admiration. Il a reçu beaucoup de mon attention et c'est à sa façon que j'ai voulu tirer les leçons dans ma vie. Typiquement, j'ai été la fillette pour qui le papa est l'homme-ancre. Mais cette relation, dans mon cas, avait beaucoup à voir avec un idéal jamais matérialisé. Puisque mon père m'a élevée une fin de semaine sur deux, il a été absent toute ma vie.

Un jour je suis devenue adolescente. Alors que la vie veut nous rendre autonome, j'ai été confrontée à plusieurs déceptions dans ma relation avec lui. D'abord j'ai entrevu toutes mes failles personnelles dûes au peu de temps que nous avons partagé et, par extension, de son amour jamais dit.

Je suis entrée dans l'âge adulte avec un deuil à faire. De tout un pan de mon enfance avec lui qui ne se concrétiseraient pas. Il s'avère que pendant longtemps, à cause de cette séparation d'avec mon parent-ancre, j'ai été moi-même d'une incroyable immaturité. Parce que pour moi, le fait de grandir veux aussi dire renoncer pour toujours à ces moments que je ne vivrai jamais avec lui. Aujourd'hui, je rassemble tout mon courage pour arriver à excuser les maladresses et les mots qui blessent de mon père. Car je sais qu'il n'a pas eu l'occasion d'apprendre à bien me connaître. J'essaie, avec lui, de regarder vers l'avant. Ça fonctionne plus ou moins. Ce temps précieux de mes années de formation fait parti pour toujours du passé. Je suis si fragilisée aujourd'hui, puisque mes fondations étaient chambranlantes.

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