Visions de ma jeunesse.

De par ma nature, je crois avoir une tendance hors de l'ordinaire pour la nostalgie. Peut-être parce que mes expériences passées, du moins celle que je retiens, ont été des sources d'émotions intenses et d'aventures hors du commun. Je cherche donc à vivre une vie respectueuse des instants forts et particuliers qui ont marqués ma jeunesse. J'ai depuis longtemps choisi de me placer dans des situations, qui même en tant que femme, je le découvre maintenant, sont surprenantes et peu communes. Je crois d'ailleurs que mon goût pour l'extraordinaire va de pair avec mon caractère nostalgique. Les dernières années de ma vingtaines ont je crois été les plus loin de ma conception de l'équilibre et de mes goûts. Je suis nostalgique des situations, c'est le moteur qui me dicte comment et pourquoi vivre. Je ne plonge que très rarement dans le regret puisque je me débrouille pour être toujours le plus fidèle à moi-même. Bien sûr les années passent et les priorités ne sont pas les mêmes, mais l'objectif est semblable : être simple et bien. J'y arrive peu à peu.

Ma vision du monde. Elle s'est bâti sur les expériences que j'ai eu hors du cercle de mes proches. C'est le ticket de vitesse sur l'autoroute américaine et aussi ces atmosphères de tournois d'échecs. Je savais que tout ce que je vivais en dehors du noyau familial définirait mon caractère. Donc bien sûr l'année '98, passée chez mon père, a été une ressource positive en tant qu'elle m'installait en plein Montréal. Plus encore que les éternels soupers de pâtes aux tomates et parmesan qui ont tant marqués mon frère. Moi, j'en retiens le confort exégu du quatre pièces peu ou pas décoré, où nous vivions tous les trois. Les longues journées solitaires dans le soleil de la fenêtre. Aussi les lectures et l'écriture matinale. Mais avant tout ce sont les longues nuits dehors avec les amis et les connaissances qui, jusqu'à mes 23 ou 24 ans ont littéralement bercées ma vie. Le manque constant de sommeil était mon principal abus.

En quittant le foyer paternel en '99, j'ai vécue seule dans une partie plus internationnale du centre-ville. Le guetto de l'Université McGill m'a apporté pendant un bout de temps du bonheur. Là aussi, une année de joie, où s'est ouvert à moi un monde sans horraire et rempli de rencontres. Je louais un studio minuscule avec, juste en face, une épicerie 24 heures. De l'autre côté de la rue un café m'acceuillait, lors de nuits d'insomnie. J'y croisais L. Un joueur d'échecs et étudiant. Il occupait un emploi de nuit quelques jours semaine et je passais avec lui ces autres nuits. C'était un temps où je travaillais à m'approprier quelques avantages. Plusieurs restaurant me fesaient crédit et même me donnaient des mets si je payais à temps. J'avais une carte d'abonnement dans un cinéma à 2,50 $ l'entrée. Je comptais m'acheter un ordinateur. Et je passais toujours du temps à New York chaque année.

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