La lettre nostalgique.

Mon cher,
mon souvenir idéal du bonheur,

SI la vie m'emmène à t'écrire de cette façon, plutôt que d'aller à ta rencontre, c'est parce que je suis plutôt lâche. J'ai une peine immense, non de chagrin mais d'une manière physique. Je lutte pour revivre les instants passés ensembles. Je revis comme je peux ce désir et ces nuits insomniaques. Tes passages à l'improvistes ont créés nos liens, qui se sont dissipés depuis un an sans nous voir. Moi, j'imagine encore entendre la cloche de la porte. Même sachant que tu ne peux me trouver. Car je suis terrée à cette adresse sans que tu saches de quel endroit il s'agit. Je me meurs de te retrouver. L'inconnu rencontré chez un voisin qui me visite régulièrement. Tu déclares sans rire t'appeler James Devlin. Bien que ce fut faux, cela te plait de prétendre. Tout ce que tu as bien voulu me confier au cours de cette année sont des trésors de joie pour moi. Tu choisis le moment avec un sérieux des plus total, pesant tes mots d'un ton grave, et dis :
  • Je dois aller faire mon lunch.
IL est 9 heures le matin. Nous venons de passer une nuit ensemble. La lumière a tôt fait d'effacer la pleine lune. Tu m'annonces que nous allons être séparés. Sans doute sais-tu que je vis ces départs avec peine. À chaque fois mon coeur se brise. Mais nous voulons ces instants déchirants. Jamais tu ne promets de revenir. Parfois tu demandes de ne pas compter sur ton retour.  Je ne me suis pas attardée aux faits. Ton lunch ? C'est ta poésie, je crois. Jamais je ne t'ai vu manger quoi que ce soit. L'alcool semble te suffire. Nous nous sommes fréquentés, James Devlin, le temps de mes trente ans. Tu en avais trente-huit. Je n'ai su que le minimum sur ta vie. Je l'ai aimée à la folie. Je t'ai ensuite violemment pleuré et espéré. L'on s'est revus et tu m'a rendue à nouveau malade d'amour. J'aime tes délires sans limites. Nous donnons la même valeur aux choses de la vie. J'ai malgré tout, le sentiment que notre aventure n'aura de fin que si la mort existe. Avant, j'avais eu une relation sans imagination. Cela m'avait demandé de consacrer toute ma vingtaine à essayer d'être rangée. Ce qui en fait semble si hors de mes goûts. Toi, tu m'as tout de suite plu. Chérissant tout ce qui est important pour moi. M'offrant la permission d'une nouvelle vision sur la vie. Et tant que cette liberté sera mienne, nous serons liés.

IL est 3 heures dans la nuit. Je refuse d'aller dormir. Je peux dire à quelques minutes près que tu arrives à ma porte. J'en ai le sentiment viscéral. Lorsque l'on sonne vers les 4 heures 30, je te mentionne :
  • Tu es en retard.
NOUS n'avions aucun horraire. Je ne t'attendais pas tous les jours. Comme je l'ai dis, nous n'étions pas pris de rigides obligations. Sauf aux pleines lunes, où c'était sans exception. Je voudrais dire à tous ceux qui m'entourent : voici qui j'aime. Et quel genre d'homme il a fallu pour m'aimer entièrement. Je vais avouer que j'ai eu mal à être tant aimé. Je voudrais tant raconter ... On entend et on lit toutes sortes de visions sur les choses du coeur. Je les ai toutes espérées sans savoir ce que c'était. Pendant longtemps, ça été mon rêve sacré. Je croyais, et s'est sûrement encore le cas, que c'est avec l'amour que naissent les vrais raisons de vivre.

LA folie dont je suis atteinte et que j'ai maintenant soignée, nous a séparés. Mais je ne t'oublie pas.
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